Une nouvelle thérapie immunologique a permis la régression complète d’un mélanome métastasé
Le patient de Naomi Hunder et coll. était un homme de 52 ans souffrant d’un mélanome malin avec métastases pulmonaires et ganglionnaires iliaques et inguinales diagnostiquées par scanner et TEP scan. Aucune réponse tumorale n’avait été obtenue après excision locale, interféron alpha et interleukine-2.
L’analyse immunohistochimique de la tumeur avait mis en évidence divers antigènes reconnus par les cellules T dont le NY-ESO-1.
Les cellules mononuclées du sang du patient ont été collectées par leucophérèse et mises en culture. Les CD4+ « dirigés » contre NY-ESO-1 ont été isolés et multipliés. Après vérification de leur capacité à répondre in vitro à un contact avec NY-ESO-1 par la production d’interleukine-2 et d’interféron gamma, ces CD4+ ont été réinjectés au patient par une perfusion de deux heures. Au total 5 milliards de cellules T ont été injectés (3,3 milliards par m2).
Deux mois après le traitement, un nouveau bilan d’extension (par scanner et TEP scan) a montré une disparition complète des métastases ganglionnaires et pulmonaires sans apparition de nouvelles localisations.
Avec un recul de 26 mois, le patient demeure en rémission complète sans aucun autre traitement. Ce traitement « à la carte », nécessitant la mise en jeu de techniques immunologiques hautement sophistiquées, paraît certes difficilement reproductible sur une large échelle. Cependant, son efficacité remarquable, rapide et durable, au prix d’effets secondaires très modestes, laisse penser qu’une nouvelle ère thérapeutique vient peut-être de s’ouvrir pour cette pathologie jusqu’ici au-delà de toutes ressources thérapeutiques.