Le Québec, ou l'e-administration raisonnée
Ils ont beau être nos cousins, la plongée chez les Québecois, fussent-ils agents de collectivités ou de ministères, peut décontenancer. Une fois franchie la barrière de la langue, même si française (on ne dit pas un navigateur mais un fureteur, on ne dit pas des échanges de mails abondants mais des clavardages !), reste celle des concepts, avant même d'entrer dans le vif du sujet. Une municipalité se définit volontiers comme une entreprise publique. Par ailleurs, si l'on parle parfois du public, plus fréquemment des citoyens, il n'est pas rare de voir englober les administrés sous le vocable de clientèle. Ici et là, le service ou la direction "des communications" rassemble comm' interne et externe. Voilà pour le mini-choc culturel, fort bien surmonté par la vingtaine de territoriaux et élus qui participaient fin septembre au voyage d'études au Canada organisé par le réseau TIC de Localtis. Quant au vif du sujet, "Les collectivités du Québec et la modernisation de l'administration locale", il s'est déroulé, actualité oblige, sur fond de "défusion" de communes. Cela deux ans à peine après un ample mouvement de fusion posé par la loi, puis battu en brèche après le référendum proposé par le gouvernement provincial nouvellement en place. Pour exemple, Montréal, qui comptait depuis le 1er janvier 2002 vingt-sept municipalités devenues autant d'arrondissements, voit leur nombre désormais ramené à douze. Avec un impact, forcément, sur l'intranet de la mairie, en cours de refonte. |
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| De l'importance du bottin... |
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Né en 1996 d'une "initiative de la base", là-bas on dit "bottom-up", comme le raconte Alain Mongrain, chargé de communication et coordonnateur de l'intranet de la mairie de Montréal, l'outil était tombé en désuétude pour devenir très stratégique en 2002 avec la fusion et ses corollaires. A commencer par des effectifs portés à 29.000 agents, auxquels il fallait à tout le moins proposer un bottin ! Le fameux annuaire, point de départ, sinon d'ancrage, de bien des intranets, à l'instar de celui du gouvernement du Québec... L'idée a quelque peu décoiffé les territoriaux français : 17 ministères, 168 organismes et 65.000 employés, fédérés sur un même outil. Mais pour le coup, c'est davantage le principe d'une telle mutualisation qui impressionne les visiteurs, qu'une prouesse technique, car de l'avis général, les collectivités françaises ne sont pas à la traîne en termes d'intranets. Globalement, Français et Québecois avancent au diapason : "On est dans les mêmes logiques", constate Hervé Mirabail, de la direction de l'organisation et de l'informatique de la mairie de Bordeaux. Avis partagé par Catherine Le Page-Schlesser, responsable du pôle de veille stratégique et documentaire du conseil général du Finistère, confortée dans sa démarche par les initiatives québecoises. A l'évidence aussi, les institutions locales, même avec de gros moyens, sont en quête d'économies d'échelle, et ne déploient pas l'e-administration à tous vents. Le pragmatisme semble ici de rigueur. |
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Vers le guichet unique |