Osaka n°6
Nous avons passé notre journée d'hier au "Robot Laboratory" de la
ville d'Osaka (laboratoire financé par la ville). Je dois dire que j'ai
été trés impressionné... Exposé le matin du professeur Shû Ishiguro, et
présentation l'après-midi des trucs de 5 sociétés...
1/ la robotique de 2ème génération (celle concernant la vie de tous les jours) semble être une "ardente obligation" pour le pays. Un espèce de "new deal" (les Japonais ont déjà 66% du marché mondial de la robotique industrielle estimé à 700 milliards de yens). Nous avons essayé de connaître le montant des investissements consentis par le secteur public et le secteur privé. Pas de réponse précise du professeur. Il semble toutefois que le Meti a financé l'amorçage de ce secteur depuis au moins une dizaine d'années. Ishiguro nous a dit que pour la première fois l'investissement public annuel avait diminué - relayé par l'investissement privé (le bougre doit donc connaître quelques chiffres). Honda par exemple avec son robot Asimo a dû investir 1 milliard de Yens/an pendant 10 ans (dixit le professeur). Toyota, NTT et les autres (de nombreuses start-ups) ne sont pas en reste. Honda voudrait fabriquer des véhicules qui passent partout (par exemple monter des escaliers), Toyota va se lancer dans la fabrication de maisons-robots (voir plus loin), de services de soins, de surveillance d'immeubles. Et NTT réfléchirait à la gestion d'un parc de robots divers à l'aide d'un simple téléphone portable... Effectivement, si vous avez plusieurs bidules-robots chez vous cela ne va être simple à gérer...
2/ Tout est robot. Quand en France on parle de robot on pense tout de suite robot humanoïde. A la rigueur un animal (le clebbard de Sony - environ 300.000 exemplaires vendus-, le petit dinosaure que nous avons fait fonctionner au labo..). En photo, Caroline et son dino-robo..
Certes
l'humanoïde est trés présent dans l'effervescence japonaise, mais ce
n'est pas de loin le segment le plus important. Car tout est destiné à
devenir robot. Non seulement des choses existantes de tous les jours
que l'on va robotiser (le romba US par exemple), mais aussi de nouveaux
bidules (un nettoyeur d'aquarium). Nous avons vu des videos ou des
bidules en vrai impressionnants. Par exemple une "Claire Chazal robot"
: une présentatrice de télévision donc. Je préfére encore notre Claire
Chazal, la robotte que nous avons vue ayant encore des mimiques
saccadées... Mais je suis sût qu'ils vont faire mieux... (Et cela
coûtera peut-être moins cher à Lelay d'utiliser une robotte ?...). Le
fauteuil masseur de Sanyo dont j'ai déjà parlé. Une maison robot (sic).
Elle vous prévient (la maison) que vous partez en oubliant votre
téléphone portable (entre autres choses). On nous montré une vidéo de
maison-robot (probablement un truc de Toyota). Je dois dire que cela ne
m'a pas convaincu... Mais... Les Américains parlent de digital home.
Les Japonais parlent de robot home. La nuance est importante. Une jambe
robot (voir plus loin). Un humanoïde nouveau encore en laboratoire,
dénommé Morph (du nom d'un personnage de dessins animés - forte
référence aux personnages phare de dessins animés). Vu Morph en vidéo.
Etonnant dans la fluidité des mouvements. En plus il monte les
escaliers. Mais la robotique commerciale, comme dit Ishigiro, va
surtout avoir un impact sur le marché des services (donc les économies
où ces marchés sont fortement développés comme les USA, vont être
fortement impactées)... Avec le "remplacement" (homo par robot) dans le
secteur du pressing, du lavage d'habits, du massage, de la sécurité,
etc...
3/ Le marché de la robotique de 2ème génération est le fait des grandes entreprises, des Universités (4.000 chercheurs environ)... Mais aussi de start-ups qui se créent comme celle qui a créé le joueur de foot Vision qui a gagné la Robocup 2004 à Lisbonne. Mais aussi, ce qui m'a surpris, de consortiums. On se met à plusieurs pour fabriquer et mettre sur le marché des robots bidules. Les 5 systèmes qui nous ont été présentés l'aprés-midi sont tous initiés par un consortium comprenant au minimum 4 à 5 sociétés. Il faut dire que pour obtenir l'aide du Laboratoire d'Osaka, il faut un projet présenté par un consortium. Mais de toute façon, fabriquer un robot de 2ème génération nécessite de mettre en semble une foule de technologies et de compétences trés disparates...
4/ La ville d'Oaska profite de l'émergence de ce marché pour se positionner au niveau mondial comme la capitale de la chose robot avec sa "dreamteam Osaka" (c'est pour cela que l'on réaménage le quatier de la gare d'Osaka - voir post précédent). La ville éduque ses citoyens (création d'un atelier de démonstration), elle favorise la création de consortiums, elle initie la création de savoirs nouveaux, et encourage la compétitvité entre groupes/sociétés. Par ailleurs la Robocup se tiendra en juillet à Osaka... Le robot Vision s'y représentera. Il sera relooké et parlera... avec un autre Vision. Car cette année, il y aura une compétition de footballl : 2 contre 2. Je rappelle que les Japonais ont comme objectif de battre avec une équipe de robosapiens, la meilleurs équipe d'homosapiens en 2.050.. (Zizou on compte sur toi...).
L'après-midi a été consacré à la présentation de plusieurs bidules...
L'un des créateurs de Vision Mr Tomotaka Takahashi - qui a créé sa société Robo Garage - est venu présenter son bestiau... Un
autre est venu nous présenter un projet que j'ai trouvé, sinon fumeux,
en tout cas pas très compréhensible (prenez un magasin, mettez des
capteurs dans tous les murs et suivez ce que font les gens... on
appelle cela des espaces robotiques créatifs - il semblerait que les
Galeries Lafayette seraient intéressaient - sous toute réserve).
Puis
un jeune chercheur est venu nous présenter un concept de "smart
furniture", à savoir des meubles robot qui font des choses pour vous...
La chose nous a été détaillée pour un environnement de bureau : vous
entrez dans la piéce et grâce à une carte que l'on vous préalablement
délivrée (liaison radio entre la carte dans votre poche et le ou les
meubles), les trucs dans la piéce se réglent automatiquement à votre
environnement de travail. On réfléchit à des cuisine-robots, etc...
Puis le robot pêcheur. Trés bien cette chose qui porte mal son nom. En
fait, c'est un robot nettoyeur d'aquarium commandé par l'aquarium
Kaiyukan d'Osaka (que Caroline et moi avons visité il y a quelques
jours). De plus, ce robot dispose d'une caméra embarquée qui va
permettre aux visiteurs de cet aquarium d'être "comme dans l'eau avec
les poissons". L'image vidéo incrustera en plus sur le poisson qui est
devant vous, le nom du dit poisson, et un capteur permettra de suivre
votre regard. Si vous regardez vers le haut la caméra du robot va se
positionner vers le haut.. Cet aquarium emploie 4 plongueurs homo
sapiens. Avec ce truc, il n'y en aura plus que 2 (économies de 1
million de yens/mois. Merci de ne rien dire à nos syndicats...). Ah,
dernier point, vous pourrez si vous avez quelques bons débits chez vous
en France, faire la même chose... Donc pas besoin d'aller à Boulogne ou
à Brest...
La dernier bidule robot qui nous a été montré est une
jambe "comme une vraie" qui permet aux apprentis kinesithérapeutes de
se former avec du vrai matériel (si je puis dire). La population
vieillit : il va falloir former plus rapidement et mieux les jeunes...
(en attendant de faire un robokiné ?)
Source : http://billaut.typepad.com/jm/